Trois questions sur le plan de la France pour lutter contre l’érosion et les inondations côtières

La France doit s’adapter aux risques d’inondations qui seront plus fréquentes et plus intenses ainsi qu’aux érosions littorales dues au changement climatique pour limiter les dégâts. Élisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et solidaire, a annoncé à cet effet toute une série de dispositifs d’adaptation. Relocalisation des habitants, diminution des délais administratifs pour la mise en place des programmes de prévention des inondations, etc. Le point sur ces nouvelles mesures.

Pub

Les risques actuels

Les épisodes méditerranéens de ces deux dernières années ont provoqué des inondations particulièrement destructrices. Les récents dégâts dus à la tempête Ciara ou ceux de l’automne dernier ou encore de l’année précédente dans le Var, l’Aude, les Alpes-Maritimes illustrent parfaitement ce constat.

L’Agence européenne de l’Environnement a aussi annoncé que le changement climatique engendrera de fortes et plus fréquentes précipitations. Cela a d’ores et déjà été observé dans le sud de la France où l’intensité des pluies affiche une augmentation de 22 % sur la période 1961 à 2015. Une étude des chercheurs du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement a confirmé cette augmentation.

La fonte des glaces polaires et le réchauffement des océans ont fait monter le niveau de la mer. Cette montée érode les côtes dont le trait ne cesse de reculer. 20 % des côtes maritimes françaises sont victimes de cette érosion selon les dires d’Élisabeth Borne. Le trait de côte a accusé un recul annuel de l’ordre de 0,5 à 1,5 mètre en Vendée ainsi que dans la Somme.

Cela sous-entend que des zones aujourd’hui habitées seront dans un futur proche, recouvertes par l’océan. L’Agence européenne de l’Environnement a établi une carte indiquant les zones habitées qui sont les plus exposées. Ces dernières sont situées aujourd’hui entre un et six mètres au-dessus du niveau de la mer.

Quelles sont les solutions proposées par l’État ?

Les solutions proposées par le gouvernement diffèrent selon le risque encouru.

Face aux risques d’inondations

Le gouvernement a décidé de réduire de moitié la durée d’instruction des mesures à appliquer pour prévenir les inondations ou Papi. Les collectivités locales peuvent soumettre à l’État des projets de lutte contre les inondations et demander à ce que ce dernier leur octroie un appui financier et politique.

Pub

La décentralisation du traitement des dossiers qui lui sont soumis est l’un des moyens trouvés par le gouvernement pour réduire la durée d’élaboration. Élisabeth Borne a indiqué clairement que « Tous les programmes de prévention en deçà de 20 millions d’euros seront validés au niveau local. Cela concernera donc 70 % d’entre eux, contre 20 % aujourd’hui ». En outre, « la capacité du fonds Barnier, le fonds de prévention des risques naturels à couvrir les besoins » sera assurée par l’État.

« À Marseille comme à Dax ou encore à Vernon, une équipe composée d’architectes, d’urbanistes, d’ingénieurs, va venir prêter main-forte aux élus pour rendre des quartiers entiers plus résilients ». La ministre de la Transition écologique et solidaire offre en plus à neuf sites son accompagnement direct dans la réduction des risques d’inondations.

Face aux risques d’érosion des façades côtières

Sur ce point, l’État a décidé d’interdire toutes nouvelles constructions dans les zones menacées à court terme à l’exception des constructions non pérennes et démontables. Un nouveau permis sera mis en place pour lesdites constructions. Les habitations déjà en place vont quant à elles, être relocalisées dans des zones moins exposées. Les collectivités qui veulent être relocalisées seront accompagnées dans leur démarche.

Le gouvernement veut également recréer des barrières naturelles à l’érosion des côtes en replantant des forêts, etc.

Les vendeurs ou propriétaires sont tenus également d’informer leur client des risques encourus avant toute location ou vente.

Pub

Qui sont les concernés par ces dispositifs ?

Selon Élisabeth Borne, cette série de mesures concerne directement quelques dizaines de milliers de personnes. Sur une plus large échelle, elle concernerait plusieurs millions de Français qui bénéficieraient ainsi d’une meilleure protection.