Troisième conseil de défense écologique : ce qu’il faut retenir

Le président français Emmanuel Macron a instauré un Conseil de défense écologique le 25 avril 2019. Il sert à piloter les différents programmes en faveur de la transition écologique. Les 2 premières assemblées ont eu lieu en mai et en juillet dernier. Le troisième s’est déroulé le 7 novembre 2019. Voici les points essentiels à retenir de ce colloque.

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Reconvertir les terrains de l’armée pour des projets de développement durable

Le Conseil a décidé de mettre en place des reconversions d’anciennes bases aériennes telles que celle de Drachenbronn. Cette dernière fera l’objet d’un réaménagement en vue de construire un pôle d’accueil touristique. Par ailleurs, un terrain de 16 ha rattaché à une ancienne école d’ingénieurs à Toulouse servira de chantier pour construire une cité étudiante et une cité de logements sociaux. Un parc photovoltaïque sera aménagé à Creil, dans l’Oise, dans une partie du terrain de la base aérienne.

Afin de développer des sites d’accueil de création d’énergie renouvelable, l’armée française s’est déjà mobilisée pour adopter une stratégie de reconversion de ses terrains. D’après la ministre des Armées Florence Parly, parmi les 274 000 ha de terrain qu’elle possède, l’armée offre 2 000 ha au profit des projets de parcs photovoltaïques. D’ici fin 2022, des fermes photovoltaïques rempliront ces espaces.

Réhabiliter les friches

Le Conseil de défense écologique a également discuté sur l’étude de 5 projets de réhabilitation d’espaces urbains. Pour les 2 400 friches recensées, la secrétaire d’État Emmanuelle Wargon a initié l’organisation d’une plateforme destinée à recenser les terrains. Dans le cadre d’une stratégie de développement durable, ce projet est devenu un programme prioritaire pour le gouvernement. D’après la ministre de la transition écologique, la réhabilitation des friches permet d’exploiter du foncier artificiel et donc d’économiser les terres. Le programme vise à créer des énergies renouvelables sans gaspiller de nouvelles terres.

Dans ce contexte, 5 friches ont déjà été réservées pour accueillir des projets de développement durable. Dans un appel à projets, l’ADEME a choisi 2 friches industrielles localisées à Montreuil et à La Rochelle. Elles recevront la construction d’éco quartiers et de sites pilotes d’agriculture urbaine.

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Protéger les espaces forestiers

Une autre décision prise lors du Troisième conseil a été de créer le tout premier parc national des forêts. Selon l’Élysée, cette mesure est essentielle pour atteindre l’objectif de 30 % d’aires terrestres et marines protégées en 2022. Rappelons que la France est encore à 23,9 % de surface classée aires protégées. Il s’agit d’un parc national réparti sur 2 départements : la Haute-Marne et la Côte d’Or. Le gouvernement prévoit une extension de la zone sur 250 000 ha. Selon la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne, cette espace sera destinée à protéger de manière durable un des écosystèmes forestiers les plus emblématiques de la France.

Face aux menaces du changement climatique, le Conseil a également mis sur pied une mission parlementaire qui étudiera la situation des forêts contre les risques d’incendie. La mission sera sous la direction de la députée LREM (La république en marche) Anne-Laure Cattelot. Celle-ci sera amenée à créer une feuille de route concernant la politique de la forêt sur le plan national. Bertrand Munch prendra en charge la direction de l’Office National des forêts.

Abandon du projet Europacity

L’ultime thème abordé fait état de l’abandon du projet de complexe Europacity. Il s’agit de la construction d’un centre commercial qui devait être aménagé au nord de Paris, à proximité de Gonesse. Le complexe devait occuper 500 000 m2 en 2027. Cependant, le projet a été qualifié de « daté » et de « dépassé » par le président français.

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Elisabeth Borne a, quant à elle, souligné l’impact écologique d’un tel programme. Selon elle, créer un centre commercial engendrerait une hausse de la mobilité des visiteurs (à environ 175 000 déplacements par jour), donc une forte augmentation du trafic automobile. De plus, le projet implique la mobilisation de 80 ha de terres agricoles.