Un compteur Linky établit une consommation de 14 000 euros pour une habitation de 40 m2

La guerre entre les pros et les anti-Linky fait rage en France. Les opposants intensifient les mouvements par des actions en justice et des pétitions. Pour renforcer leur argument contre le compteur, ils condamnent les informations erronées, comme celui de Quimper.

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Une mauvaise surprise dans le Finistère

À sa grande surprise, un habitant de Quimper a vu la somme de 14 480 euros affichés sur son compteur Linky. Baptiste n’est pourtant pas un grand consommateur. Il vit dans un appartement de 40 m2. Le jeune homme a immédiatement alerté les agents d’EDF qui lui ont aussitôt présenté des excuses. Selon les techniciens, cette estimation est probablement due à un problème de mise à jour. L’ancien et le nouveau compteur auraient été activés simultanément. Aussi, les techniciens ont conseillé à Baptiste de ne pas tenir compte de cette estimation. Après quelques vérifications sur l’application EDF, le jeune homme constate que la somme n’a pas changé.

Les actions en justice se multiplient

Le petit boîtier sème l’incompréhension au sein de la société française. Face à ce phénomène, deux avocats toulousains ont mené lundi 24 février 2020 une action collective en justice. La procédure vise le distributeur d’électricité Enedis. Elle a pour objectif de valider le droit de refus à l’installation du compteur Linky. Depuis son apparition en 2015, ce boîtier connecté est censé communiquer en temps réel aux fournisseurs la consommation d’électricité d’un foyer. Cependant, son usage présente un certain nombre de risques. Les dangers sont principalement liés à la sécurité des données et à la santé.

Un nouveau tournant dans la lutte anti-Linky

L’action a fait suite à une pétition signée sur une plateforme en ligne. La requête a obtenu la faveur de 12 000 signataires. Rappelons qu’il s’agit de la seconde protestation après la Pétition Action Collective ou PAC de novembre 2019 par MySmartCab.fr (une plateforme d’action au service des citoyens et des consommateurs).

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Dans le cadre de la loi de la transition énergétique de 2015 mentionnant l’installation des compteurs Linky, la pétition a été adressée au distributeur (Enedis). Les signataires ont d’abord demandé un dialogue afin de convenir d’un consensus, déclare l’un des avocats anti-Linky Arnaud Durand. Cependant, l’entreprise n’a pas donné suite à la requête qui a expiré le 20 février 2020, d’où cette action en justice. Face à cette attaque, Enedis, par le biais du responsable de communication du programma Linky Jean-François Fink, affirme que : « on entend des critiques, mais les études sont favorables à Linky ». « Nos enquêtes montrent que 85 % des consommateurs sont satisfaits », continue-t-il. Quelles que soient les procédures à venir, elles n’auront aucun impact sur le déploiement, confirme le responsable de la communication.

Les utilisateurs favorables à une action en justice

82,3 % des signataires se disent en faveur d’une action en justice en l’absence d’une solution concrète d’Enedis face à ce litige. Ils souhaitent faire entendre leur voix et leur poids auprès des juridictions concernant le respect de la volonté individuelle. En d’autres termes, les consommateurs exigent le choix d’installation du compteur. Ils dénoncent également les actes de « justice privée », autrement dit, la pose forcée du compteur.

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Un rapport faussé

L’un des volets qui interpellent les consommateurs est l’aspect sanitaire des compteurs Linky. Selon les usagers, le boîtier émet des champs électromagnétiques nocifs pour la santé. Cette affirmation a été contredite par un rapport de l’Anses de 2017 (mentionnant une émission faible). Le collectif estime que cette enquête a été faussée par des mesures inexactes. En effet, l’étude a compté une intensité à 6 000 fois plus basse par rapport à la norme microtesla. Un rapport récent de l’Agence nationale des fréquences ou ANFR en 2019 fait état d’un champ magnétique de 0,27 µT (soit 270 fois plus élevée que la moyenne réglementaire).