Un projet de recyclage pour les gaz polluants

La pollution de l’air est un des facteurs les plus dévastateurs pour la planète. Pourtant, à cause du mode de vie actuel des êtres humains, cette forme de pollution est inévitable. Si l’émission des gaz nocifs pour l’environnement ne peut être stoppée, les scientifiques du monde entier ont toujours cherché un moyen de recycler ces gaz. Tout chercheur adepte de la protection de l’environnement espère un jour trouver un moyen d’absorber le dioxyde de carbone provenant de la combustion de n’importe quel combustible fossile par réaction chimique, en un hydrocarbure qui peut nous être utile au quotidien. Bien que cela puisse sembler incroyable, ce jour est bel et bien arrivé.

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En Amérique, après de nombreuses années de recherches, des scientifiques de l’université de Californie du Sud et du National Renewable Energy Laboratory ont découvert une pratique qui réduirait efficacement les émissions de gaz à effet de serre. Face à cette grande nouvelle, le monde entier reste stupéfait et attend avec impatience les résultats de cette fameuse découverte.

Une idée pas si nouvelle que ça

Selon les grands titres de journaux, ce projet de recyclage pour les gaz polluants est le fruit d’une découverte par des chercheurs américains. Ces derniers ont affirmé que, pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre dans le monde, ils allaient utiliser une technique déjà connue, impliquant une réaction nommée « hydrogénation ».

Cette technique est effectivement connue depuis de nombreuses années. Découverte en 1897 par le chimiste français Paul Sabatier, prix Nobel de chimie en 1912, elle consiste à transformer, atome par atome, les gaz carboniques en hydrogène. Ce recyclage va permettre la production d’hydrocarbures telle que le méthane, élément constitutif du gaz naturel.

Un projet réalisable ?

D’un point de vue pratique, le projet est bien réalisable. Cependant, il nécessite un investissement considérable, ce qui, pour le moment, reste un frein à sa réalisation. En effet, pour réussir une hydrogénation, il faut être en possession de catalyseurs spécifiques qui nécessitent l’utilisation de métaux précieux. On peut citer comme exemple parmi tant d’autres le platine. La fabrication de ce dernier nécessite des réacteurs contenant des gaz volatiles qui tournent à 593 degrés Celsius.

Ainsi, à moins de disposer de fonds illimités ou d’une possibilité de fabriquer de manière peu coûteuse des métaux précieux, ce projet n’est pas encore réalisable. Du moins, pas dans tous les pays.

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Une modification qui change la donne

En effet, les recherches des scientifiques de Californie n’ont pas abouti en une nouvelle technique de recyclage des gaz nocifs pour l’environnement. Ils ont plutôt trouvé un moyen de faciliter la réalisation de la technique qui existe déjà depuis longtemps.

Pour transformer le gaz carbonique en hydrogène, ces chercheurs américains ont inventé une méthode qui permet de fabriquer avec un minimum de dépense des nanocatalyseurs. En plus d’être fabriqués avec un métal plus abordable (le molybdène), ces derniers sont bien plus durables que les catalyseurs faits avec du platine.

Le molybdène n’est pas un métal très utilisé au quotidien, mais il est moins difficile à mettre au point. Sa fabrication ne nécessite effectivement que des températures basses, avoisinantes les 325 degrés Celsius.

Un projet limité, mais fructueux

À partir de matières premières moins chères, les scientifiques n’ont pu produire que des « nano » catalyseurs, en fait de minuscules catalyseurs. Pour compenser ce manque de catalyseurs, l’équipe de Noah Malmstadt de l’université de Californie du Sud a amélioré la technique par la modularisation.

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Ainsi, le National Renewable Energy Laboratory (NREL) dispose actuellement de 16 réacteurs millifluidiques qui peuvent effectuer des transformations en simultané. À ce rythme, cette équipe pourra bientôt sauver le monde des émissions de gaz à effet de serre.