Un reconfinement planerait-il dans l’air ?

Si le déconfinement en France se fait de manière progressive depuis le 11 mai dernier, Jean Castex, qui a été chargé de l’élaboration du plan de déconfinement, parle déjà d’un éventuel reconfinement. Le maire de Prades en a parlé lors de son audition par la Commission des lois le 6 mai et dans son rapport sur le déconfinement publié le 11 mai. Faut-il vraiment craindre un confinement deuxième vague ?

Les grandes lignes de ce plan de reconfinement

M. Castex, alias Monsieur Déconfinement, a soulevé de nombreux points en évoquant ce probable reconfinement.

De la réactivité en cas de besoin

Selon Jean Castex, il est vital de « se donner les moyens d’agir immédiatement ». Le but sera donc de parer à toutes éventualités, notamment si les cas de coronavirus en France venaient à trop augmenter ou si la propagation du virus se fait à une vitesse grand V. Il a toutefois ajouté être conscient des effets qu’auront de telles mesures sur le quotidien et le moral des Français. Les impacts seraient encore plus retentissants sur tout le corps médical qui a été sur tous les fronts depuis le début de cette crise sanitaire.

Le dédoublement des cas

Il faudra penser à un reconfinement d’urgence si le nombre de cas recensés à ce jour venait à doubler. Ce « coup de frein » comme l’appellent les Allemands est un mal pour un bien. Pourquoi ? Parce que ce virus est encore inconnu et qu’il est encore imprévisible. Ce reconfinement pourrait toucher toute la France ou seulement quelques régions (comme le cas de la deuxième vague de confinement Allemagne) selon les circonstances. M.Castex a continué avec son exemple allemand où le confinement a été repris dans certaines régions après 50 nouveaux cas confirmés sur une période de sept jours. Mais la France se montrera plus clémente en attendant que le nombre de cas soit doublé avant de telles mesures, contrairement au confinement allemand.

Le « désarmage progressif » des lits en réanimation

Les centres hospitaliers français ont augmenté leur capacité d’accueil en réanimation depuis le début de la crise. D’après le maire de Prades, il est important de « désarmer progressivement » les lits en réanimation. Le but est de permettre au personnel hospitalier fortement éprouvé de souffler un peu.Mais cela va également faciliter l’éventuelle réouverture en urgence, dans les 72 heures au plus tard en cas de coronavirus deuxième vague. Les mesures seront renforcées dans les zones à haut risque.

Des dispositifs d’aides socio-économiques

Ce plan de reconfinement reprend les dispositifs d’aides socio-économiques qui ont été mis en place durant le confinement. Il est également question de dispositifs pour éviter les risques psychosociaux liés au confinement que l’on connaît mieux aujourd’hui. Jean Castex a évoqué un éventuel reconfinement avant le 2 juin, date de fin de la première phase de déconfinement. Il a appuyé qu’il sera vital de prendre des mesures avant même cette date si le coronavirus reprend de l’ampleur.

Les facteurs qui pourront augmenter les risques de reconfinement

De nouveaux foyers d’épidémie

Pendant la semaine précédant le déconfinement du 11 mai, quatre nouveaux foyers d’épidémie ont été déclarés, dont 2 en Nouvelle-Aquitaine, une en Vendée, deux zones vertes peu touchées par le virus et un autre à Clamart en IDF, en zone rouge. Cette augmentation est due à un relâchement peu avant le début du déconfinement, zone rouge comme en zone verte, selon le Directeur général de l’Agence Régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine. Affirmation appuyée par le ministre de la Santé, Olivier Véran qui a rappelé l’importance des gestes barrières.

Des rassemblements ici et là

Bilan du déconfinement Paris : la police a dû intervenir, le 11 mai, aux abords du canal Saint-Martin pour dissiper les dizaines de personnes venues prendre un apéro sur les berges. Ces individus ont voulu célébrer la fin des 55 jours de confinement et ce, sans respecter la distanciation sociale. Même constat sur les marches de la Basilique Sacré-Cœur mardi soir. Le maire de Paris, Anne Hidalgo a donc demandé la réouverture des parcs parisiens, une demande qui a été rejetée par le ministre de la Santé. Selon ce dernier, cela encouragerait les attroupements.

Des visites aux proches

Avec la mesure de déconfinement 100 km, il est interdit de se déplacer à plus de 100 km de son domicile, une mesure trop sévère selon certains. D’après un sondage Yougoc pour L’internaute sur 1202 sujets de plus de 18 ans, 55,84 % des questionnés pensent rendre visite à des proches, qu’il s’agisse de personnes âgées ou fragiles face au virus. Quelque 32,3 % d’entre eux comptent aller outre les 100 km pour voir leurs proches. Cela représente 10,87 % de la population française.

Jean Castex a appuyé sur le fait que la possibilité d’une deuxième vague de confinement en France dépend des Français et de leurs capacités à rester responsables.