Une bière bio et plus écologique

Même si elle demeure à la traîne, la bière passe aussi au bio. À l’heure actuelle, plusieurs centaines de brasseries de l’Hexagone assurent la production de bières accompagnées de la certification « agriculture biologique ».

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Cela fait quelques années que ces brasseries augmentent en nombre. Cependant, le volume de production reste toujours bas, étant donné le manque de matières premières bien que la tendance prenne de l’ampleur. C’est notamment le cas à la brasserie La Parisienne, qui commence à se tourner vers des bières 100 % bio.

Le bio, encore et toujours le bio même pour la bière

Chez les Français, l’achat du bio est devenu une véritable habitude. Du côté des vendeurs, c’est également le cas. Sur les présentoirs des marchés, dans les rayons des grandes surfaces ou les bouteilles de vin, actuellement tout affiche bio.

Toutefois, un produit, que bon nombre de Français apprécient particulièrement, est encore en retard: la bière. Dans la production de bières de l’Hexagone, seulement 1 % est bio. La branche essaie de rattraper son retard, affichant une croissance de plus de 30 % tous les ans, en particulier grâce aux microbrasseries artisanales.

Notons que la bière n’est pas à proprement parler 100 % bio. Si le malt, le houblon, l’orge et les autres céréales doivent provenir de l’agriculture bio pour jouir du label, il n’en est rien pour l’eau et la levure. Mais la fabrication de la bière bio est confrontée à certaines contraintes, telles que l’isolation et l’entreposage des matières premières. C’est probablement une des raisons pour lesquelles la production de la bière bio traîne quelque peu.

La brasserie La Parisienne, en pleine mutation

Nombreuses sont les brasseries à se tourner vers le bio. C’est le cas de la brasserie La Parisienne. Située dans une banlieue de Paris à Pantin, au sein d’une zone industrielle, la brasserie La Parisienne entame sa transformation. À ce jour, sur les 12 bières qu’elle produit, 3 sont des bières bio : IPA, blanche et blonde. Chaque année, elle produit environ 1,5 million de bouteilles. Lucas Lebrun, l’un des chefs de la brasserie, indique que l’objectif est d’avoir un temps d’avance, de revoir les recettes et à la fin, de suggérer un meilleur produit.

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Il souligne que le taux du non-bio est encore assez élevé, même pour la bière artisanale. Or, les consommateurs recherchent le 100 % bio. Pour y remédier, la brasserie s’appuie sur une démarche adossée à des matières premières de qualité. Elle prend soin de sélectionner des produits locaux : le houblon est par exemple cultivé dans la capitale même, et bénéficiera prochainement de la certification bio.

En matière de goût, le bio ne change rien à la saveur de la bière. Par contre, le prix des bouteilles est revu à la hausse. Les coûts supplémentaires de production doivent en effet être amortis d’une manière ou d’une autre. Quoi qu’il en soit, la brasserie procède progressivement pour proposer au final une bière entièrement bio.

Quelques contraintes à noter

Le développement de la filière bière bio connaît quelques contraintes au niveau du ravitaillement. En effet, la production de malt et de houblon bio de l’Hexagone n’est pas suffisante pour satisfaire les attentes des brasseries. Maxime Costilhes, le délégué général de Brasseurs de France, le syndicat de la brasserie de l’Hexagone, précise que cela fait obstacle à la mutation vers le bio, ce qui est le cas d’autres branches agroalimentaires.

Le houblon bio existe en faible quantité, et cela n’aide pas les brasseurs dans leur démarche pour développer davantage de bières bio. En effet, les agriculteurs ne sont pas intéressés, car le marché n’est pas stable, aussi, La Parisienne a-t-elle dû s’approvisionner en Belgique.

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Cette tendance bio et écologique de la bière semble attirer les consommateurs. Le marché devrait de ce fait avoir droit à un coup de pouce, sachant que cette approche constitue une attitude écoresponsable.