Une filière de biocarburant pour l’aviation française

La secrétaire d’État aux Transports et la ministre de la Transition écologique ont lancé un appel à manifestation d’intérêt, alors qu’elles étaient de passage à Toulouse, centre universel de l’aéronautique. Cet appel avait pour but de solliciter l’établissement d’une filière dédiée aux biocarburants pour les appareils.

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Un mauvais jugement concernant le secteur de l’aviation

Le transport aérien serait abusivement stigmatisé sur le plan environnemental. À ce jour pourtant, il ne représenterait que 2 % des émissions de CO2 du monde. Pour l’Hexagone, ce taux descend même à 1,1 %, pour ce qui est du trafic intérieur.

Malgré cela, le mouvement suédois FlygsKam, qui signifie en français la honte d’emprunter l’avion, a vu le jour sur Instagram. Ce mouvement lutte pour éviter l’utilisation de l’avion durant les voyages. Ceci, dans une visée écologique. En outre, le mouvement de contestation social des Gilets jaunes, ainsi que le grand débat national qui en est issu ont lancé des appels pour taxer le kérosène. Cette situation a incité la branche aéronautique et les compagnies aériennes à prendre la décision d’innover, afin de faire cesser ces propos accusateurs.

Les compagnies aériennes, vers des objectifs environnementaux

Cela fait déjà quelques années qu’Air France s’est lancée dans le défi environnemental. Elle ne l’a probablement pas suffisamment médiatisé. Et pourtant, elle s’est déjà fixé quelques objectifs, pour ne citer que la diminution de 50 % de sa pollution de CO2 par passager à l’horizon 2030, par rapport à celle de 2005.

Elle affirme qu’elle est à la moitié de sa route vers cette réduction. Mais un tel objectif occasionne pour l’entreprise, un important investissement d’une valeur d’un milliard d’euros tous les ans. C’est ce qu’a expliqué la directrice générale de la compagnie aérienne de l’Hexagone, Anne Rigail. Cela inclut entre autres l’acquisition de 60 A220 et de 38 appareils long-courriers auprès d’Airbus. Grâce à ces avions de la nouvelle génération, à savoir l’A330, l’A350, l’A320 ou l’A220, le trafic aérien serait plus propre.

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Ces modèles contribuent surtout à baisser les dépenses en carburant de 15 à 25 %. En adjonction à cela, l’industrie de l’aéronautique compte entamer des recherches plus approfondies dans le but de jouir d’un transport aérien « décarboné ». Guillaume Faury, le CEO d’Airbus précise que pour y arriver, un effort mutuel est indispensable pour instaurer des conditions réglementaires et économiques appropriées.

La France prévoit de contraindre les compagnies aériennes à l’usage de biocarburants

Afin de favoriser le verdissement de la branche aérienne, l’hexagone projette de prendre plusieurs dispositions : obligation d’employer du biokérosène, taxation accrue de l’aviation sur le continent européen…

5 % de biocarburant d’ici dix années

Si elles souhaitent présenter un projet conforme à ces critères, les entreprises ont jusqu’en fin juin 2020 pour s’exprimer. Les mesures retenues devront ensuite aider au remplacement du kérosène fossile par des biocarburants durables, conformément au planning établi par le gouvernement, en l’occurrence 2 % d’ici 2025, 5 % vers 2030 et 50 % d’ici 30 ans. A priori, cette feuille de route semble faire preuve de peu d’ambition.

Un encouragement public ?

Pour pousser les acteurs de l’aviation à adopter le biocarburant, la Norvège a notamment instauré une obligation depuis le début de cette année. Celle-ci oblige les avions au départ du pays à détenir au minimum 0,5 % de biocarburant dans leurs réservoirs. Cette quantité serait revue progressivement à la hausse durant les prochaines années.

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La France pense également mettre en vigueur une réglementation du même genre. Faisant preuve de bon sens, Air France anticipe déjà cette législation. À compter du mois de juin, elle envisage de rajouter 18 % de biokérosène dans tous les réservoirs des avions au départ des États-Unis et vers une destination outre-Atlantique.