Une nouvelle espèce de crustacé récemment découverte déjà contaminée par le plastique

L’Atlas du plastique a récemment publié un état des lieux de la présence de plastique dans le monde. En France, il relève une consommation de plastique de 4,8 millions de tonnes rien qu’en 2018. À l’échelle mondiale, ce sont 400 millions de tonnes : le plastique est omniprésent, même dans les profondeurs marines. Pour preuve, une nouvelle espèce de crustacé enfouie dans les profondeurs de l’océan Pacifique est contaminée par le polyéthylène téréphtalate.

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Présence de PET à 6 900 mètres de profondeur

Le WWF a confirmé une étude publiée le jeudi 5 mars 2020, qui fait état de la découverte d’une nouvelle espèce de crustacé localisée à 17 kilomètres de profondeur dans la fosse des Mariannes située au nord-ouest de l’Océan Pacifique. Rappelons que c’est l’endroit le plus profond du monde connu actuellement. Simultanément, les chercheurs ont observé la présence de microplastique de PET ou polyéthylène téréphtalate qui est un polymère employé pour la fabrication de bouteilles d’eau, d’emballages et de vêtements de sport en fibre « technique ».

Pour l’occasion, le crustacé découvert a reçu le nom d’Eurythenes plasticus. Cette espèce d’amphipode n’est qu’une première parmi d’autres crustacés à découvrir. Malheureusement, « beaucoup de nouvelles espèces que l’on trouvera et que l’on décrira dans les océans seront déjà contaminées », s’indigne le directeur des programmes du WWF, Arnaud Gauffier.

Une occasion pour alarmer le monde

La découverte scientifique est due aux biologistes marins de l’Université de Newcastle. L’animal mesure environ un centimètre et se trouve actuellement entre le Japon et les Philippines. La trouvaille a fait l’objet d’une publication dans la revue scientifique Zootaxa. Le WWF a profité de cette occasion pour lancer un appel en vue de la conclusion d’un accord à l’échelle internationale. Il souhaite mettre un terme à cette vertigineuse pollution au plastique. Selon l’organisme, « chaque minute de chaque jour, au moins un camion chargé de déchets pénètre les océans ». Il a lancé une pétition mondiale en vue de mettre la pression aux gouvernements du monde entier. Son objectif : demander un engagement pour un traité juridiquement contraignant.

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Une découverte semblable enregistrée en 2019

La chargée des océans et pêcheries pour WWF-Belgique déclare que « la nouvelle espèce nous montre à quel point les conséquences de notre mauvaise gestion des déchets plastiques ont un impact important ». Elle estime que cette découverte confirme la présence de plastique même dans les endroits les plus reculés de la Terre.

Rappelons que l’on n’a pas affaire à une première. En effet, des scientifiques avaient déjà effectué un même constat en février 2019 dans la revue Royal Society Open Science. 90 spécimens d’amphipodes avaient été diagnostiqués contaminés à la microparticule de plastique, en l’occurrence :

  • du nylon
  • du PVC
  • de la soie synthétique
  • du polyéthylène.

Le plastique omniprésent

Au cours de la découverte de février 2019, le chercheur de Newcastle Alan Jamieson était stupéfait. En effet, il « s’attendait à trouver quelque chose, mais pas au point de voir 100 % des individus du lieu le plus profond du monde avoir des fibres dans leurs entrailles ». Comment le plastique s’engouffre-t-il dans le plus profond des océans ? En fait, les déchets plastiques sont rejetés dans l’eau avant de se briser en microplastiques. C’est ainsi qu’ils se répandent dans les océans et finissent dans les intestins des animaux marins.

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La pétition internationale lancée a déjà récolté plus de 1,6 million de signataires. Sur une note plus inquiétante, Sarah Vanden Eede conclut que cette matière dérivée du pétrole se trouve dans « l’air que nous respirons, dans l’eau que nous buvons et maintenant chez les animaux qui vivent loin de la civilisation humaine ».