Voiture électrique : autorisation du rétrofit dans l’Hexagone

Le rétrofit, procédé par lequel un véhicule à moteur thermique est transformé en voiture électrique, est déjà autorisé dans un grand nombre de pays de l’Europe. C’est également le cas dans l’Hexagone.

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Petite rétrospective sur le rétrofit

En novembre 2019, le ministère de l’Écologie et des Transports a remis une ordonnance à la Commission européenne. Celle-ci devait faciliter l’homologation des véhicules sur lesquels les anciens moteurs ont été retirés et remplacés par un moteur électrique.

Cette autorisation est désormais officielle dans l’Hexagone. Du reste, Bruxelles l’a déjà approuvée dans quelques pays du continent européen, pour ne citer que l’Italie, l’Allemagne ou encore le Royaume-Uni.

Selon le président de l’AIRe ou association des acteurs de l’industrie du rétrofit, Arnaud Pigounides, plusieurs entreprises ont déjà effectué des préparatifs afin de proposer le rétrofit électrique. Il pense que cette industrie serait un secteur clé dans la branche automobile. Il explique que dans un an, ce marché pourrait connaître un grand succès en France, grâce à la contribution de divers acteurs.

Passer à l’électrique sans changer sa voiture à moteur thermique

Si vous songez à vous convertir à l’électrique en matière de moyen de transport, il ne vous sera plus nécessaire de remplacer votre auto. En effet, procéder au rétrofit électrique suffira. Cette pratique sera d’ailleurs simplifiée en France. À ce jour, la Commission européenne n’a enregistré aucun recours contre le projet, lequel est inclus dans la loi d’orientation des mobilités appliquée à la fin de l’année 2019.

Ceux qui sont contre cette disposition ne pourront plus transmettre de réclamation. L’officialisation de cette méthode aura lieu d’ici le mois de mars. Il s’agit en fait d’opérer des modifications sur une automobile à moteur thermique, pour qu’elle devienne un véhicule électrique.

Cette mesure offrira aux particuliers et aux entreprises qui ont déjà « rétrofité » leurs voitures la possibilité de bénéficier d’une homologation et de s’en servir sur les routes de l’Hexagone en toute légalité.

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Pour transformer une voiture « classique » en un modèle électrique, le moteur thermique, le pot d’échappement et le réservoir d’un véhicule essence ou diesel sont retirés. Puis un moteur électrique vient s’y substituer, de même que des batteries et une prise destinée à la recharge de l’engin.

Ces changements, toutefois, nécessitent une homologation préalable. Le problème, c’est que l’opération est assez complexe et se révèle onéreuse.

Un procédé qui fait face à un obstacle majeur : son prix

En ce moment, pour tous les véhicules qu’elles transforment, les entreprises doivent recevoir des homologations. Avec la nouvelle disposition, elles auront droit à une homologation pour la transformation des voitures de modèle identique.

Même si la procédure est facilitée, le rétrofit doit faire face à un obstacle non négligeable : son coût particulièrement élevé. Et même avec la mesure nouvellement adoptée, le prix du rétrofit d’un véhicule restera élevé, voire très élevé. En réalité, pour la transformation électrique d’une voiture à motorisation thermique, le coût moyen tourne autour de 10 000 euros.

À ce tarif, sans compter que les véhicules électriques sont actuellement commercialisés à des prix plus accessibles, nombreux seraient les conducteurs à préférer l’achat d’une nouvelle voiture, au lieu de changer leur ancienne auto.

Dans les pays où le procédé est pratiqué depuis déjà des années, en l’occurrence l’Allemagne, l’Italie ou le Royaume-Uni, le marché se fait aujourd’hui encore assez discret. Seuls les propriétaires de bolides de collection ou les passionnés ont recours à cette opération, afin de conserver leur voiture tout en roulant grâce à une énergie propre.

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Cela étant, les professionnels gardent l’espoir de rétrofiter près de 350 000 voitures d’ici cinq ans. Ce qui équivaut à 1 % du parc automobile de la France.